Le déploiement du petit-déjeuner à l’école : un défi pour la coordination des politiques publiques entre l’Éducation nationale et les collectivités territoriales

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Date de parution : Mars 2021 Numéro : s/o Organisation émettrice : Gouvernement Source : https://www.banquedesterritoire...

Le 16 mars 2021, à l’occasion d’un déplacement à Villiers-le-Bel, les ministres de l’Éducation et de la santé, ainsi que les secrétaires d’État chargés de l’éducation prioritaire, de l’enfance et des familles, ont annoncé une montée en charge des petits-déjeuners à l’école.

Depuis le mois mars 2019, ce dispositif est déployé sur la base d’un constat : 13% des enfants scolarisés en REP et REP+ n’ont pas pris de petit-déjeuner à leur arrivée à l’école. Dans ces conditions, leur apprentissage est rendu plus difficile et inégal entre les enfants.

Pour lutter contre ce phénomène, l’État veut inciter les collectivités territoriales à mettre en œuvre ce dispositif, notamment en subventionnant chaque petit-déjeuner à hauteur de 1€30 à partir de la rentrée 2021. Lorsqu’il est mis en place, le temps de prise du petit-déjeuner peut aussi offrir un contenu pédagogique en matière d’éducation nutritionnelle ou encore d’éducation au développement durable et de lutte contre le gaspillage.

Au cours de l’année scolaire 2019-2020, 153 000 élèves ont bénéficié de ce dispositif malgré les perturbations liées à la crise sanitaire. Toutefois, l’objectif fixé n’a pas été atteint par le gouvernement qui visait 200 000 élèves bénéficiaires pour l’année scolaire 2019-2020.

Dans ce contexte de crise sanitaire et économique, le projet du gouvernement est d’accélérer ce dispositif pour répondre aux difficultés sociales à venir : l’aide de 14 millions d’euros votée en loi de finances pour 2021 devrait être triplée et les réseaux de l’Éducation nationale seront incités à faire connaître l’existence de ce dispositif aux collectivités. Par ailleurs, le dispositif sera amélioré pour être davantage susceptible d’appropriation par les élus locaux : ceux-ci pourront eux-mêmes identifier des établissements bénéficiaires en dehors des REP/REP+ et accéder à des contenus d’accompagnement à la mise en œuvre du dispositif proposés par la direction générale de l’Enseignement scolaire.

En dépit de ce qui est perçu par l’État comme des mesures incitatives, l’association des maires de France (AMF) considère que cette volonté d’introduire de la souplesse dans le dispositif s’est révélée être un frein, celui-ci reste trop peu opérationnel et manque de cadrage. Par exemple, les enfants en accueil périscolaire du matin depuis 7 heures ont déjà pris un petit déjeuner et le dispositif serait pour eux une collation supplémentaire. La représentante de la commission éducation de l’AMF estime par ailleurs que les questions d’approvisionnement, d’habilitations et de sécurité alimentaire – c’est-à-dire l’affectation des personnels disposant de ces compétences – constituent un frein important. Enfin, la question des temps scolaires et périscolaires de l’enfant reste centrale et certains enseignants estiment qu’il n’est pas aisé de prendre en charge cette mission supplémentaire sur ce temps déjà chargé.

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